Dispositifs en ligne : le nouveau défi de la prévention santé ?

15 janvier 2021

Face au développement du télétravail, la prévention santé en entreprise se redessine, peut-être durablement, vers des dispositifs en distanciel. Retour d’expérience de trois caisses régionales de Crédit Agricole récemment accompagnées par le Groupe AGRICA.

Depuis plusieurs années déjà, le Groupe AGRICA propose aux entreprises des actions de prévention santé sur site : ateliers, conférences, expositions, dépistages, bilans individuels en partenariat avec des professionnels de santé. La crise sanitaire et le télétravail ont rebattu les cartes : comment organiser des actions de prévention santé efficaces quand de nombreux salariés ne se rendent plus sur leur lieu de travail ?

C’est la question à laquelle se sont trouvé confrontées les correspondantes HECA (Handicap Emploi Crédit Agricole) de trois caisses régionales de Crédit Agricole. A l’approche de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, elles souhaitaient en effet être en mesure de proposer aux collaborateurs des actions de prévention comme elles le faisaient chaque année. Pour le Groupe AGRICA, qu’elles ont chacune sollicité pour les accompagner, la solution s’est vite imposée : si les collaborateurs ne viennent pas à la prévention, la prévention viendra à eux !

 
Dépister une perte d’audition

Pauline Buchet, du Crédit Agricole de Charente-Périgord, souhaitait déployer une thématique susceptible de concerner le maximum de personnes, parmi les 1200 collaborateurs du siège et des agences. Son choix s’est porté sur la santé auditive. En partenariat avec la JNA (1), le Groupe AGRICA lui a donc proposé un test en ligne, qui en quelques clics et quelques minutes, permet de dépister une perte d’audition. Et d’alerter le salarié pour lui permettre d’aller plus loin en consultant un médecin.


« S’il n’a pas à proprement parler de valeur médicale, explique-t-elle, ce test est un bon outil pour sensibiliser les collaborateurs à leur santé auditive et permettre un réel dépistage. 10 % des salariés l’ont suivi, ce que je considère comme un bon résultat, et deux personnes ont entamé une procédure de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. »

Sophie Névo, son homologue du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor, a quant à elle proposé une action de sensibilisation sur les troubles musculosquelettiques (TMS), par le biais d’un e-learning déployé avec AGRICA.

« Dans le passé, les actions de sensibilisation ‘gestes et postures’ en présentiel avaient rencontré un vif succès et chaque année, je reçois de nombreuses demandes d’aménagement de postes pour des collègues du siège et du réseau d’agences. C’est une thématique qui répond à un vrai besoin. »

Privilégier le distanciel à l’avenir

Le e-learning est composé de cinq modules de 5 à 10 min chacun et permet aux participants d’aménager leur poste de travail de façon optimale, en entreprise comme à la maison mais aussi d’être attentif aux gestes de la vie quotidienne ou de s’interroger sur leur hygiène de vie. Contexte sanitaire oblige, l’un des modules est consacré à l’organisation en télétravail. A la fin de chaque module, le salarié peut répondre à un quizz et télécharger une fiche récapitulative.

Avec seulement 20 personnes qui sont allées au terme des cinq modules, le bilan est un peu mitigé pour Sophie Névo. Elle reconnaît que le parcours est un peu long pour des collaborateurs déjà beaucoup sollicités par des formations obligatoires.

« C’était une première, concède-t-elle, qui est venue en complément de ce que l’on a pu faire précédemment. Au regard de la situation actuelle, il va de toute façon falloir privilégier le distanciel à l’avenir, peut-être avec des dispositifs plus courts. »

Un accompagnement de qualité

Pour Véronique Noé, correspondante HECA au Crédit Agricole Alsace-Vosges, c’est la mise en place simultanée des deux thématiques audition et TMS qui s’est imposée.  L’année précédente, le dépistage auditif organisé sur site avait particulièrement bien fonctionné tandis que de plus en plus de collaborateurs sollicitent le médecin du travail pour des aménagements de poste. En proposant deux dispositifs différents, son objectif était aussi de toucher un plus grand nombre de personnes.

« Les deux thématiques ne touchent pas les mêmes publics : les TMS concernent davantage les salariés plus âgés alors que les jeunes sont de plus en plus sensibilisés à la question de l’audition. Les retours ont d’ailleurs été très positifs sur les deux dispositifs. Le test auditif s’est révélé particulièrement utile pour convaincre certains réticents d’aller consulter. »

Toutes les trois saluent la qualité de l’accompagnement assuré par le Groupe AGRICA, tout au long de leurs actions, depuis leur mise en place jusqu’à l’analyse du nombre de connexions.

« Laure, notre interlocutrice, est à l’écoute, toujours disponible et très réactive, même quand les plannings sont serrés » souligne Pauline Buchet. « Elle est de très bons conseils, elle sait trouver les solutions d’animation, ajoute Véronique Noé. Son suivi est indispensable pour la bonne marche des actions avant, pendant et après les animations. »

Reste à savoir, bien sûr, si les dispositifs en présentiel seront de nouveau envisageables en 2021. Une chose est sûre : en présentiel ou en distanciel, la prévention reste un vecteur de santé pour les collaborateurs, comme pour les entreprises.

(1)  L’association JNA est une association gérée par des experts scientifiques et médicaux et des acteurs de la prévention. Depuis 23 ans, elle fédère l’ensemble des acteurs de la prévention et de la santé en faveur de la santé auditive. Elle organise notamment chaque année en mars la Journée Nationale de l’Audition.

Laure Sitbon, chargée de prévention au sein du Laboratoire d’Innovation Sociale d’AGRICA.

Que ce soit pour diminuer l’absentéisme, éviter les accidents de travail, favoriser le dialogue social ou améliorer la qualité de vie au travail, la prévention est une solution toujours gagnante. La situation sanitaire favorise le développement du télétravail mais il peut avoir des effets négatifs sur la santé, sans oublier que certaines personnes sont plus fragiles que d’autres. Il pourrait être intéressant, à l’avenir, de réfléchir à des dispositifs à distance sur de nouvelles thématiques telles que le sommeil, la nutrition ou les addictions.

Pour contacter un de nos experts prévention : prevention.blf@groupagrica.com.