L’AVC : le reconnaître pour mieux le combattre

17 juin 2022

En France, une personne sur cinq aura un accident vasculaire cérébral (AVC) au cours de sa vie… Troisième cause de mortalité en France et première cause du handicap physique de l’adulte, il peut pourtant être prévenu, en réduisant les facteurs de risque, et soigné par une prise en charge rapide.

L’AVC est un déficit neurologique soudain (paralysie, troubles visuels, difficultés à parler) dû à l’occlusion ou à la rupture d’un vaisseau irrigant le cerveau. Le caractère soudain est important pour distinguer l’AVC d’autres pathologies neurologiques. Le plus fréquent des AVC est l’infarctus cérébral qui représente 80 % des cas. Il se caractérise par la formation d’un caillot dans une artère. Celui-ci empêche l’apport de sang dans une zone qui va se nécroser. L’AVC peut également résulter d’une hémorragie cérébrale, caractérisée par la rupture d’une artère qui irrigue le cerveau. Le sang va alors comprimer puis détruire ce qui se trouve dans l’hématome. Enfin, situation, beaucoup plus rare (5 % des cas), il peut être dû à un saignement qui se produit, non pas dans le cerveau mais autour du cerveau : c’est l’hémorragie méningée.

Parfois des signes avant-coureurs

« J’ai eu un voile noir sur l’œil droit, soudain, sans aucun autre signe ni douleur qui a ensuite disparu ». Dans les heures ou les jours qui précèdent, l’AVC est parfois précédé de symptômes qui vont cesser rapidement.  Ces signes avant-coureur de la survenance proche d’un AVC doivent vous alerter immédiatement, il en est de même si les symptômes perdurent. Déformation de la bouche, paralysie d’un côté du corps, troubles de la parole ou de la compréhension, perte de la vision d’un œil ou d’une partie du champ visuel, une seule chose à faire : appeler le 15 !

Reconnaître pour agir vite

Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, il est essentiel d’agir au plus vite pour déboucher l’artère et revasculariser la zone touchée. Deux traitements sont possibles : la thrombolyse, administrée par voie veineuse, va déboucher l’artère quand le caillot n’est pas trop gros. Cet acte n’est possible que dans un délai de 4h30 : c’est pourquoi il est très important de noter l’heure de l’apparition des symptômes. Quand le caillot est trop gros, ou l’intervention trop tardive, les médecins ont alors recours à la pose d’un « stent », petit ressort en métal qui est introduit dans l’artère et la maintient ouverte. Cette technique, qui a révolutionné la prise en charge des AVC, doit intervenir dans un délai de 6 h.

En cas d’hémorragie cérébrale, la médecine ne dispose malheureusement pas de traitement aussi spectaculaire que pour l’infarctus. Le traitement consistera alors à limiter au maximum l’augmentation du volume de l’hématome et dans des cas rares, à recourir à la chirurgie.

Il est très important de noter l’heure de l’apparition des symptômes.

L’AVC n’est pas une fatalité

Fort heureusement, l’AVC peut être prévenu. Le contrôle régulier de la pression artérielle s’avère primordial. L’hypertension représente en effet un facteur de risque élevé, en particulier si elle s’accompagne d’hypercholestérolémie et de diabète. Or, 50 % des hypertendus ignorent qu’ils le sont, et 50 % seulement de ceux qui le savent prennent un traitement médical.

Le style de vie influe également sur les facteurs de risque :  tabac, inactivité physique, surpoids, mauvaise alimentation, consommation d’alcool, font le lit de l’AVC. Pour s’en prémunir, rappelons quelques recommandations : marcher au moins 30 min par jour, privilégier les fruits, légumes et poisson, réduire sa consommation de viande rouge, sel et de graisse, limiter sa consommation d’alcool à 2 verres standards/jour, pas tous les jours et sans dépasser 10 verres par semaine. Quant au tabac, il multiplie par deux le risque d’AVC, sans parler bien sûr des autres pathologies graves dont il est responsable.

L’AVC n’est pas une fatalité : si tous les facteurs de risque étaient bien contrôlés, 90 % des AVC pourraient être évités. Et quand il ne peut pas l’être, la capacité à en connaître et reconnaître les signes pour agir au plus vite fera toute la différence dans la prise en charge de la personne et la limitation des séquelles.

* Cet article est extrait de la conférence en ligne financée par le Groupe AGRICA le 10 mai dernier dans le cadre de ses actions de prévention. Elle est disponible en replay sur Happyvisio.fr jusqu’au 10 août 2022.

La conférence était animée par le professeur Jean-Louis Mas, chef du service de neurologie et de l’unité neuro-vasculaire du GHU-Paris (14e), Professeur à l’Université Paris-Descartes et directeur de l’équipe U 894 sur la recherche sur les AVC. Jean-Louis Mas a été président des Sociétés Françaises de Neurologie et Neuro-Vasculaire. Il est l’auteur de plus de 450 publications et membre correspondant de l’Académie Nationale de Médecine depuis 2018.

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