« Sur les dispositifs d’épargne salariale, le retour des salariés est excellent »

4 décembre 2019

Étienne Gavart, Directeur du Groupement de Défense Sanitaire du Calvados et de Farago Manche Calvados, sa filiale commerciale, nous explique pourquoi il est convaincu de l’intérêt des dispositifs d’épargne salariale pour ses deux structures.

Vous proposez depuis 15 ans à vos salariés des dispositifs d’épargne salariale PEE (1) et PERCO (2). Quel est, selon vous, leur intérêt ?

En premier lieu, l’épargne salariale permet de lever des difficultés que poserait le versement d’une prime. En effet, non seulement la prime devient obligatoire dès lors qu’elle est versée dans les mêmes conditions deux années de suite, mais son efficacité financière est de 50 % seulement. Autrement dit, l’entreprise doit dépenser deux euros pour un euro donné aux salariés. De plus, la prime est imposable, ce qui fait courir au salarié le risque d’un effet de seuil et donc de perte d’aides sociales par exemple. L’épargne salariale, elle, permet à l’entreprise de reconsidérer tous les ans sa politique d’abondement et de ne rien verser quand elle n’en a pas les moyens.

Par ailleurs, ce sont des dispositifs qui permettent de redistribuer de façon très efficace une partie du résultat de l’entreprise aux salariés. Dans ma filiale Farago, nous avons ainsi mis en place un abondement de 300 % avec pour objectif d’accorder des primes de façon défiscalisée dans le cadre d’un accord d’intéressement et d’inciter les salariés à épargner.

Le 3e aspect concerne plus particulièrement le PERCO qui offre l’avantage de monétiser et reverser au salarié ses jours de repos ou de congés non-pris de manière très simple, contrairement au CET qui oblige l’entreprise à provisionner les jours déposés et à les revaloriser à chaque augmentation salariale. Avec le PERCO, l’entreprise paie une fois pour toute et n’a plus à s’en préoccuper. Quant au salarié, il sait que son argent peut être débloqué dans certains cas, comme pour l’achat de sa résidence principale par exemple.

Quel bilan en faites-vous ?

Au sein du GDS, qui est une société à but non lucratif, l’épargne salariale n’est pas un outil d’intéressement mais de fidélisation des salariés. Il participe au fait que les salariés se sentent bien dans l’entreprise, il contribue à la réduction du turn over et de l’absentéisme.

Dans la société Farago, qui se trouve dans le domaine concurrentiel, nous pratiquons une politique salariale basse, clairement affichée dans les négociations avec les représentants du personnel, mais nous avons choisi de redistribuer un tiers du résultat aux salariés. Nous avons donc un accord d’intéressement, avec un abondement qui alimente un PERCO, auquel s’ajoutent un 13e mois et des primes d’objectifs individuels. Le PERCO accompagne ainsi la politique de rémunération afin que les salariés se constituent un capital de manière indolore pour ne pas se retrouver avec une perte de revenu importante en partant à la retraite

Au départ, ces dispositifs d’épargne salariale ont-ils été compliqués à mettre en place ?

Non, cela a fait l’objet d’un consensus très rapide avec les représentants du personnel. Il faut dire qu’ils présentent aussi l’intérêt de ne pas être obligatoires : chaque salarié est libre de prendre la prime ou non.  Les retours des salariés sont d’ailleurs excellents, tout comme ceux des administrateurs qui n'auraient pas validé un système de primes pérennes. Or, PEE et PERCO sont des outils sur lesquels l’abondement peut être modifié chaque année :  c’est rassurant pour l’employeur !

Vous venez de transférer vos dispositifs vers AGRICA Épargne. Comment ça s’est passé ?

AGRICA m’a accompagné de telle sorte que je n’ai rien eu à gérer. C’était très important pour moi car en tant que directeur de petites structures, je n’ai pas de temps à consacrer à ce genre de chose. J’ai apprécié qu’AGRICA anticipe mes besoins et me propose une solution clé en main. Cela fait partie de la valeur ajoutée d’AGRICA. Pour le chef d’entreprise, c’est important de savoir qu’à partir du moment où il a pris la décision, il va bénéficier d’un vrai accompagnement et qu’il pourra faire confiance à son conseiller.

Quels conseils donnez-vous aux chefs d’entreprise qui s’interrogent sur la mise en place d’outils d’épargne salariale ?

Je leur conseille de commencer par mettre en place un PEE, avec éventuellement un abondement faible la première année pour tester l’efficacité du dispositif. Ils seront surpris par la facilité de mise en place et les retours très positifs que cela génère. Ils se rendront compte également que leurs administrateurs seront intéressés et qu’ils découvriront ainsi des dispositifs intéressants à mettre en place dans leur propre entreprise où eux-mêmes, en tant que gérant, pourront en bénéficier.
Quant au PERCO, je leur conseille de le mettre en place sans abondement pour commencer, à disposition des salariés devant régler des questions de congés non pris.

(1)    Le plan d’épargne entreprise est un système d’épargne qui permet aux salariés de se constituer, avec l’aide de leur entreprise, une épargne à moyen terme.

(2)    Le plan d’épargne collectif est un système d’épargne qui permet aux salariés de se constituer, avec l’aide de leur entreprise, une épargne pour la retraite, en complément de leur retraite complémentaire obligatoire.

Article 83, PERCO, PERP, loi Madelin… : les différents produits d’épargne retraite viennent d’être remaniés par la loi PACTE qui a pour objectif de rendre l’épargne retraite plus souple et plus lisible. Dans le cadre de cette réforme, le PERE collectif succède au PERCO dont il garde les principales caractéristiques tout en bénéficiant, comme les autres produits, d’une meilleure attractivité : transférabilité d’un produit à l’autre, harmonisation des cas de déblocages anticipés, modalité de sortie plus flexibles.

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