« L’inclusion, c’est donner à chaque personne porteuse d’un handicap sa place pleine et entière dans la société »

12 mai 2021

Fortement engagées en faveur de l’accompagnement des enfants et des jeunes en situation de handicap, les institutions de prévoyance du Groupe AGRICA portent une attention croissante à la dimension inclusive des projets qu’elles soutiennent. Le point avec Marie-Paule Febvre, Responsable du Laboratoire d’Innovation Sociale AGRICA PRÉVOYANCE.

De quelle manière l’action sociale du Groupe AGRICA intervient-elle en faveur de l’accompagnement des familles touchées par le handicap d’un enfant ?

Parmi les nombreux projets que nous soutenons, nous apportons une vigilance particulière à ceux qui s’adressent aux familles touchées par le handicap d’un enfant. En tant qu’acteur du monde agricole, nous privilégions aussi les projets situés en milieu rural qui peuvent être modélisés et essaimés sur d’autres régions, notamment celles plus défavorisées en termes de solutions d’accompagnement.
Nous soutenons aussi les familles par le biais de nos aides financières individuelles, par exemple pour l’aménagement du domicile, l’équipement du véhicule, l’accompagnement psychologique de la fratrie, etc. 

En milieu rural, à quels besoins spécifiques les familles sont-elles confrontées ?

Il existe de nombreux handicaps, qui nécessitent des structures d’accueil différentes et du personnel formé de manière spécifique. Par exemple, la prise en charge des enfants souffrant de troubles autistiques n’est pas la même que celle des enfants polyhandicapés. Or, les financements vont plus facilement vers les zones où il y a plus de personnes concernées, au détriment des territoires ruraux. Nos ressortissants sont donc particulièrement confrontés au nombre limité de structures adaptées et à la nécessité, parfois, de devoir faire de longs trajets pour les rejoindre. Nous intervenons d’ailleurs régulièrement pour financer des solutions de mobilité et permettre aux enfants d’être correctement pris en charge malgré la distance.

En matière de handicap, la notion d’inclusion revient souvent. De quoi s’agit-il concrètement ?

Pendant des années, il était plutôt question d’intégration, ce qui supposait que la personne concernée trouve l’énergie et fasse elle-même les efforts requis pour s’adapter à son environnement. L’inclusion, elle, implique un partage des efforts d’adaptation entre la personne et son environnement. Une société inclusive doit permettre à une personne en situation de handicap de pouvoir vivre et avoir accès à des services et des droits comme tout un chacun : éducation, sport, culture, informatique, emploi… C’est une dimension à laquelle nos administrateurs sont très sensibles : participer à l’émergence d’un modèle inclusif qui puisse donner à chaque personne une place pleine et entière dans la société.

Les solutions numériques se développent de plus en plus dans le domaine du handicap. Sont-elles des alliées pour développer une société plus inclusive ?

Oui, tout à fait, les solutions numériques sont complémentaires des solutions en présentiel, en particulier pour répondre à la problématique de l’isolement en milieu rural. Nous participons d’ailleurs pour la 2e année consécutive à l’appel à projets « handicap et numérique » organisé par le CCAH*. Il a pour objectif d’identifier les acteurs du handicap qui ont des besoins de transformation digitale et de les accompagner dans la mise en place de ces solutions.

Ne vous isolez pas, ne traversez pas seul cette épreuve !

AGRICA participe aussi au développement de solutions de répit. En quoi est-ce un volet indissociable de la thématique « handicap » ?

Nous recherchons toujours une réponse globale pour la famille et pas uniquement pour la personne en situation de handicap. C’est pourquoi la plupart des projets soutenus comportent une dimension d’aide aux aidants. C’est le cas par exemple du projet « les bobos à la ferme », une structure d’accueil touristique inclusive, où les familles peuvent prendre du répit en étant sécurisées dans la prise en charge de leur enfant.

Quels conseils pouvez-vous donner aux parents d’enfants en situation de handicap, en particulier à ceux qui peuvent se sentir isolés ?

Au moment du diagnostic du handicap, la famille a tendance à s’enfermer dans sa souffrance. C’est exactement le contraire qu’il faut faire. Il faut communiquer, échanger, prendre des contacts pour être orienté vers des associations ou se mettre en lien avec des familles qui ont déjà vécu ce même « parcours du combattant ». Ne vous isolez pas, ne traversez pas seul cette épreuve ! N’hésitez pas non plus à appeler les services d’action sociale de votre groupe de protection sociale qui pourront vous apporter une aide financière et vous orienter vers des lieux ressources.

*CCAH : Le Comité national Coordination Action Handicap accompagne les porteurs de projets du secteur handicap dans l'objectif d'améliorer la vie quotidienne des personnes handicapées et favoriser le vivre ensemble.

À Castanet-Tolosan (31), la MAM’s ON DIT CAP : cette maison d’assistants maternels (MAM) s’est spécialisée dans l’accueil d’enfants atypiques et neurotypiques. Un projet innovant pour répondre aux besoins de familles éprouvant des difficultés à trouver des solutions d’accueil, de garde et d’accès aux loisirs de leur enfant. AGRICA a participé au financement d’une salle multisensorielle conçue pour fournir des stimuli sensoriels adaptables selon les besoins.

À la Madelaine-sous-Montreuil (62), les Bobos à la ferme : Sur la Côte d’Opale, des hébergements touristiques accueillent des enfants et adultes en situation de handicap, des aidants familiaux, mais aussi des touristes intéressés par le slowtourisme et l’écotourisme. Un projet basé sur la recherche d’inclusion et de mixité.
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À Muille-Villette (80), l’association Yokis : l’association de loisirs, déjà engagée auprès des publics en situation de handicap, souhaite développer l’inclusion des enfants porteurs d’un handicap au sein des sept accueils de loisirs implantés sur le territoire. Sensibilisation, formation et solutions de répit sont les maîtres mots de ce projet.
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À Niolon (13), « la gare de Niolon » : au sein d’une ancienne gare SNCF, l’association T’Cap21 a créé une structure destinée à l’accueil de jeunes adultes porteurs de trisomie 21 afin de les accompagner vers l’autonomie résidentielle (grâce à un appartement pédagogique) et vers un métier (grâce à une formation professionnelle aux métiers de l’hôtellerie-restauration et du maraîchage biologique).
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À Alès (30), l’association Handiane : elle propose des balades à dos d’ânes pour favoriser l’accès à la nature aux enfants en situation de handicap, elle a créé il y a dix ans une selle spécifique pour les enfants ayant des troubles cérébromoteurs ou polyhandicapés. Elle développe aujourd’hui un nouveau modèle adapté cette fois aux enfants vivant avec des troubles autistiques.
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La MAM’S ON DIT CAP : parole de parents

« La MAM’S ON DIT CAP est une pépite comme on en souhaite à tous les parents. L'accueil d'enfants avec handicap apporte une diversité qui a tendance à manquer dans la vie quotidienne. Tout le monde a sa place dans la société, et dans cette MAM, c'est une évidence. Tout le monde se côtoie normalement, le handicap n'est plus un sujet, c'est une composante de la vie. »
Maxime et Claire, parents de Mia

« Félicie a été accueillie pendant un an à la MAM. Elle avait six ans et l'école maternelle n'était plus envisageable pour elle : trop de bruit, trop d'encombrement, trop d'enfants et surtout trop d'écart entre ce qui y était réalisé et ses propres besoins. Dès que Félicie a été accueillie à la MAM, ses troubles du comportement à la maison et en dehors se sont apaisés peu à peu. Son sourire et revenu et les séances de rééducations ont porté leurs fruits immédiatement. Progressivement, elle est devenue actrice de ses activités. »
M. et Mme Ducrohet, parents de Félicie

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